« Une réponse à la pénurie de soins »
Michael Zellweger, directeur de pflegehero, sur son fonctionnement et ses avantages.
Interview de Manuela Talenta en 2023, extrait de la Schweizer Familie
Comment fonctionne l’offre de pflegehero ?
Des entreprises disposant d’une autorisation d’exploiter en tant que service de soins à domicile (Spitex) engagent des personnes qui soignent leurs proches contre un salaire. En tant que directeur de pflegehero, je collabore avec trois entreprises : Spitex 24, private Care et reha at home, dans les cantons d’Argovie, de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne, de Berne, de Lucerne, de Soleure et de Zurich. Les proches aidants sont encadrés par des professionnels et doivent suivre, dans un délai d’un an, un cours d’auxiliaire de santé ou une formation équivalente.
Quels sont les avantages de pflegehero ?
Les personnes qui soignent elles-mêmes leurs proches reçoivent pour leur travail un salaire – qui s’élève actuellement à 36 francs de l’heure – et surtout de la reconnaissance pour une prestation qui ne va pas de soi. Elles sont en outre coachées et suivies par du personnel infirmier qualifié. Cela améliore la qualité des soins. L’objectif du concept des proches aidants est en fin de compte de réduire les coûts de la santé grâce à des entrées à l’hôpital ou en EMS moins nombreuses ou plus tardives et à moins de consultations médicales. Et enfin, du personnel soignant dont on a urgemment besoin est formé – une réponse à la pénurie de soins actuelle.
L’offre de pflegehero est-elle souvent utilisée ?
En Suisse, environ 300 000 personnes soignent leurs proches, et seule une petite partie d’entre elles est rémunérée pour cela. La plupart des proches aidants couvrent donc un besoin qui devrait en réalité être couvert par un service de soins à domicile.
Pourquoi en est-il ainsi ?
Le point de départ est un arrêt du Tribunal fédéral de 2019 : il établit que les proches peuvent être rémunérés par les assurances maladie non pas pour les soins de traitement, mais pour les soins de base. Beaucoup de gens l’ignorent. Mais il faut aussi faire la distinction entre soins de base et accompagnement. L’étendue des soins de base est clairement définie dans l’ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins, et seuls ceux-ci peuvent être facturés aux assurances maladie. L’accompagnement n’est pas une prestation de l’assurance obligatoire des soins et ne donne donc pas droit à une indemnisation. Une autre raison tient au fait qu’en tant que proche aidant ou proche aidante, on ne souhaite pas se mettre en avant, puisque depuis des générations, il va de soi qu’au sein de la famille, on prodigue des soins gratuitement.
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